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Ces rappeurs français qui boivent de la codéine « comme du jus de pomme »

Ces rappeurs français qui boivent de la codéine "comme du jus de pomme"
Le jeudi 10 mars, l’Agence nationale de la santé et du médicament mettait en garde contre le purple drank, cocktail à base de sirop pour la toux. Ce qu’elle n’expliquait pas, c’est que la boisson séduit particulièrement les jeunes amateurs de rap. Focus sur cette jeunesse française qui rappe et boit violet.

Il est 16h, un samedi, le soleil est au rendez-vous et un rayon de lumière passe par la fenêtre de la chambre de Pierre*, 22 ans. Sur son bureau, devant son ordinateur, il a posé un gobelet en plastique blanc qui contient une boisson à la couleur pourpre. Cela ressemble à de la grenadine. C’est lui qui s’est préparé ce cocktail maison, avec beaucoup de glaçons, une paille, du Seven up Cherry, et… deux bouchons d’Euphon, un sirop pour la toux contenant de la codéine. 

Le jeune homme, confortablement assis sur un fauteuil en cuir noir, écoute du rap, comme d’habitude. Plus tard, il voudrait être manager de grands rappeurs américains. Il monte le volume pour Trap niggas de Future, rappeur US qui a aussi sorti Codeine crazy (fou de codéine) un titre de plus de 12 millions de vues sur Youtube. « Future est devenu accro aux opiacés depuis qu’il s’est lancé dans le purple drank », explique Pierre.

Le « purple drank », aussi appelé « lean », c’est cette boisson que Pierre tient dans la main, et qu’il boit régulièrement depuis qu’il a 17 ans, seul ou accompagné. S’il vit encore chez ses parents, il n’a jamais eu à se cacher d’eux, puisque « personne ne sait ce que c’est, à part les initiés, ceux qui sont dans le monde du rap ».  

Une boisson en vogue

Pourtant le purple drank se fait connaître en France, en particulier chez les adolescents. C’est ce qu’a rapporté l’Agence nationale de la santé et du médicament (ANSM), qui a sonné l’alerte, le jeudi 10 mars, sur les dangers de cette consommation.

A la pharmacie du Pont Neuf dans le 1er arrondissement de Paris, cette tendance n’est pas inconnue. Depuis plus d’un an, les demandes pleuvent. « Ces derniers mois, il y en a eu tellement, qu’on a décidé d’arrêter d’en vendre, surtout aux jeunes », explique Perrine, pharmacienne. La scène est toujours la même: un jeune entre 15 et 25 ans entre dans l’officine le regard fuyant. Il demande du sirop pour la toux (Euphon, 4,15 euros ou Néocodion, 2,89 euros) et un antihistaminique (phenargon, 1,87 euro

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